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La fille de Baal

La fille de Baal: Coatmeur à son meilleur ( Novembre 20050 )

A 80 ans, Jean-François Coatmeur continue ses lettres de noblesse à la littérature policière. Il en apporte une éclatante démonstration avec son dernier livre, "La fille de Baal", dont l'action se déroule pour l'essentiel à Brest et qui apparaît déjà comme l'une des plus belles réussites de l'auteur "des Sirènes de minuits" et de "La nuit rouge". Dans son bureau de la rue du Forestou-Huella, Jean-François Coatmeur a consacré deux ans et demi à la rédaction de son nouveau roman: "C'est mon rythme normal", glisse celui qui, au fil des années est devenu l'un des auteurs français de suspense d'atmosphère parmi les plus reconnus. Le poids du passé Dans "La fille de Baal" (allusion à Baal, divinité phocéenne qui sacrifiait ses propres enfants), Coatmeur a imaginé les tourments de Delphine, une professeur de littérature médiévale de l'université de Brest, une femme mariée, condamnée au silence pour avoir assisté, impuissante, au meurtre de son amant, un jeune étudiant. Mais des messages obsènes et menaçants lui parviennent, portant la signature d'un mystérieux "Ariel", visiblement très au courant des circonstances du drame.
Qui est le maître-chanteur ? Comment Delphine, harcelée par son passé et prisonnière de ses propres mensonges, va-t-elle pouvoir faire face ? On n'en dira pas davantage de peur de gâter le plaisir du lecteur, embarqué dans cette histoire de près de 400 pages, au fil desquelles de nombreux personnages, parfaitement traités par l'auteur, gravitent autour de l'héroïne. Ils sont immergés dans la vie brestoise, d'ailleurs croquée avec saveur (la description des Halles Saint Louis, le portrait du maire) par le romancier. Toujours une petite lueur Pour Jean-François Coatmeur, le déclic est venu de visites à une de ses proches au centre hospitalier de la Cavale Blanche: "Je me suis retrouvé dans le long couloir des urgences auquel j'ai trouvé un côté mystérieux, pour ne pas dire sinistre. J'ai pensé que l'établissement pouvait servir de cadre à une partie du livre. D'autre part, l'idée de situer un roman dans les milieux universitaires me taraudait depuis longtemps".
Comme beaucoup de ses oeuvres précédentes, "La fille de Baal", au-delà de l'intrigue policière (ici particulièrement bien agencée), reste d'abord une histoire de couple "avec ses dérives, ses écarts, ses joies aussi" précise Jean-François Coatmeur, dont les protagonistes restent, avant tout, des êtres de chair, et de sang. Sous sa plume, même les plus vils concervent un zeste d'humanité: "parce que chez l'homme vacille toujours une petite lueur.C'est du moins ce que je veux continuer à croire".

André Rivier

Le Télégramme - Edition Brest - Novembre 20050


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