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La porte de l'enfer

L'enfer selon Coatmeur ( 23 février 1998 )

Une écriture dense, plantée dans les brumes, landes et marécages du Centre Finistère, la dernière livraison de JF Coatmeur, maître du suspense est tout simplement époustouflante. «La porte de l’enfer» est digne des meilleurs thrillers anglo-saxons ; l’auteur y met la sauce, violence sourde, angoisse feutrée, oasis de tendresse, le lecteur ne résiste pas aux rets subtils tissés par maître Coatmeur.
Une nuit de décembre triste et pluvieuse, dans les environs de Morlaix, un homme se tue en voiture avec son fils de dix ans. S’agit-il d’un banal accident, d’un suicide ou encore d’un assassinat ? Autour du drame, planent de troubles histoires.
La mort du petit Stéphane et de son père, Pierre le Derouet aurait du n’être qu’une affaire classée, si Gilbert Valois, gloire parisienne du roman policier, attiré dans la région par les charmes d’une journaliste locale prénommée Nathalie, n’était venu y fourrer son nez. Tout semble louche : les mensonges de la belle Genia (ex-femme de la victime), les activités de l’élégant Richard de Kergloff, son amant, propriétaire d’un énorme et mystérieux manoir dans les mont d’Arre, en plein marécage, la personnalité du sinistre Steiner l’homme à tout faire du domaine et les étranges déclarations de Bois Maudit, le sympathique clochard qui ne déraille pas toujours autant qu’on veut bien le dire.
Valois et sa petite amie vont mener leur propre enquête, sans souffler mot à la police. S’en suit une ronde infernale, tout le monde court après tout le monde, une quête éperdue à la vie à l’amour…
Coatmeur sait à merveille faire «suer» ses paysages, on est ébloui par la sensualité de sa Bretagne : son récit est de plus posé sur une écriture très classique (monsieur fut prof de latin) et il prouve une fois encore que le thriller peut être une véritable esthétique du mystère.

S. N.

Le Courier Picard - 23 février 1998


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