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La voix dans Rama

Sans haire ni discipline ( 21 février 1973 )

A 70 ans, Georges Simenon a pris la résolution de ne plus écrire de romans. Décision courageuse, dit-on. Peut-être s’est-il tout simplement rendu compte que depuis un bout de temps il se répète ou n’a vraiment plus rien à dire. C’est le sort d’un certain nombre d’écrivains. Un moment vient où leur œuvre les a dévorés jusqu’à l’os. Ils ne sont plus que poussière. Mais ils ont acquis une telle virtuosité qu’ils continuent sur leur lancée, gracieux patineur dessinant à n’en plus finir la même figure.

On ne saurait prédire le même destin à Jean-François Coatmeur, un jeune écrivain brestois, qui publie ces jours-ci, son cinquième roman dans une collection de «thrillers». Le titre est singulier: «La voix dans Rama». L’action se situe à Douarnenez et rue dans les brancards. Voilà quelqu’un qui ne se laissera pas dévorer par les conventions. C’est un romancier libéré.

Le sujet de «La voix dans Rama» tient en une phrase : un home et un enfant tués par la douceur. La police est à peine présente. Un «policier» sans policiers, comme c’est rafraichissant. Oui, la police n’est là que pour copie conforme. Les puissants ressorts de l’intrigue lui échappent. Le débat se situe un peu trop haut pour elle. L’étiquette «roman policier», reste mais l’action même, chassé-croisé pathétique entre un enfant triste, un homme faible, une femme forte, fait voler en éclat les schémas habituels. Tels sont le mérite et la singularité de ce livre qui est l’œuvre d’un écrivain tout court, un écrivain qui se passe de haire et de discipline…

A. Kerdaniel

Le Télégramme - 21 février 1973


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