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La voix dans Rama

La voix dans Rama ( Mars 1973 )

Les hommes n’en finissent plus de se pencher sur leur passé..
M. Lenorman le distingué directeur du lycée climatique de Douarnenez, mettant à profit une longue convalescence après une sérieuse alerte cardiaque, se confesse de façon très littéraire sur 100 pages de cahier.
Et au moment de mettre cette confession (elle est adressé à un prêtre) à la poste, il meurt tout bêtement au milieu de la rue.
Mais que peut donc bien cacher un homme aussi transparent, aussi décent, aussi bien sous tous rapports, aussi heureux en ménage aussi digne à son poste que M. Lenorman ?
J.-F. Coatmeur, va nous le dire calmement, posément en petites phrases bien tournées, bien léchées, comme doit écrire un professeur, devenu directeur de lycée par son travail et bourgeois par son mariage.

Je l’ai dit plus haut, l’auteur a eu la suprême habileté de se mettre magnifiquement dans le style de son personnage, mais sous la froideur apparente de l’écriture très sage, on voit monter lentement la chaleur du drame.
On ne raconte pas «La voix dans Rama» on savoure , à petite gorgée, un récit admirablement charpenté, et puis lorsqu’on est arrivé au dernier mot du dernier chapitre on reste un long moment à se pénétrer de cette histoire.

Roman policier ? Si peu, mais à coup sûr, une terrible aventure, tempête en vase clos, qui abouti pour le héros à la plus atroce des découvertes : il a raté sa vie, il est le compagnon d’une femme admirable de duplicité et d’égoïsme, ils ont tué un enfant, ruiné un bonheur…
Une fois encore, J.-F. Coatmeur, dont nous rappellerons qu’il a écrit avec «Baby foot» un admirable roman, vient de faire preuve d’une extraordinaire maîtrise et de confirmer son grand talent d’écrivain.

Le Dauphiné Libéré - Mars 1973


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