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Des croix sur la mer

« Des croix sur la mer » : l'histoire d'un destin ( 13 octobre 2001 )

France 3 diffuse ce soir à 20 h 50 le téléfilm « Des croix sur la mer », inspiré du roman de Jean-François Coatmeur, tourné par Luc Béraud dans le Sud-Finistère, avec plusieurs comédiens bretons.
Les films ou les téléfilms qui évoquent avec justesse la Bretagne ne sont pas si courants. Alors, à l'exception de quelques détails d'ordre «folklorique», il convient de saluer le travail effectué par la scénariste Catherine Borgella et le réalisateur Luc Béraud, pour porter à l'écran le livre de Jean-François Coatmeur «Des croix sur la mer».

Un tournage sud-finistérien

L'équipe avait eu la bonne idée de tourner non loin des lieux du drame - Pont-Croix remplaçant le Pouldavid d'origine - et de faire appel à des comédiens bretons (*), une centaine d'habitants du Cap-Sizun, du Pays bigouden et de Douarnenez jouant les figurants.

Leur plus juste intuition a sans doute été d'associer au projet l'écrivain brestois Jean-François Coatmeur. Pas toujours tendre avec la dizaine d'adaptations de ses livres, l'auteur se dit satisfait de celle-ci : «Je retrouve ce que j'avais voulu mettre dans le livre, notamment sur la rédemption et la solidarité. Le film trouve aussi des équivalents intéressants à la construction un peu complexe de mon histoire».

« On est foutus mon pauvre garçon »

Tourné au printemps 2000, « Des croix sur la mer » a conduit toute une équipe à se replonger dans la douloureuse période de l'occupation allemande. Très exactement le 5 août 1944, vers 10 h.

Jean-François Coatmeur vient d'avoir 19 ans. La journée est radieuse, le jeune homme va aux nouvelles car la rumeur d'une évacuation prochaine du village de Pouldavid, près de Douarnenez, gonfle. Dans la rue, un militaire allemand l'interpelle, le met en joue, puis le conduit devant un mur. Accueilli par un « on est foutus mon pauvre garçon » d'un de ses camarades, il passera sept heures à attendre de mourir. A 17 h, on le somme de partir, comme les autres, sans aucune explication.

Salaud ou héros

« Ce miracle, qui reste une énigme, a été un carrefour de ma vie. J'ai vraiment vu ma fin de près. Je n'ai jamais pu oublier le contraste entre ce jour d'une beauté insolente et l'absurdité de ce qui m'arrivait. Je pense aussi y avoir beaucoup appris sur l'homme, sa lâcheté, sa dignité face à la peur. C'est devenu le sujet et le point de départ d'un livre mêlant réalité et fiction », raconte Coatmeur.

De toute évidence, l'entrelacs des destins, la méditation sur la mort, le rachat et la solidarité humaine sont les points forts de la version cathodique de l'histoire de Jean Palu. Interprété par Laurent Malet, le protagoniste est de ces hommes qui, à un moment crucial, « ont eu à choisir entre le fait d'être un héros ou un salaud ».

Par la pertinence de leur regard qui ne juge pas mais s'interroge, Luc Béraud et Jean-François Coatmeur sont ici sur la même longueur d'onde pour décrire « une de ces périodes compliquées qui ne peuvent pas engendrer des comportements simples ». Passionnant sujet.

(*) Regroupés par Action Ouest, qui met en relation les professionnels locaux avec les producteurs venant de l'extérieur.

Jean-Luc Germain

Le Télégramme - 13 octobre 2001


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