« La fille de Baal », 2005 - Albin Michel - Spécial suspense

La fille de Baal

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« Un étudiant sauvagement assassin », titre en Une Le télégramme. Reynaldo Mamet, un Mauricien de vingt-neuf ans a été victime « d’un tabassage d’une rare violence ». Crime de rôdeurs, estime la police, ignorant qu’un jeune professeur de littérature qui entretenait avec Mamet une relation secrète, a assisté, impuissante, au meurtre.
Mariée et installée dans la bonne société brestoise, Delphine garde le silence. Jusqu’au jour où elle reçoit des messages d’un inconnu qui semble tout savoir des circonstances du drame. Menacée, terrorisée, ligotée par ses scrupules et ses pudeurs, elle se débat désespérément dans la toile d’araignée qui se tisse, un peu plus serrée chaque jour, autour d’elle. Et lorsqu’une nuit, l’inconnu jette enfin le masque, Delphine doit affronter, seule, l’innommable…


Une intrigue implacable, des dialogues au cordeau, des personnages ambigus… : un suspense psychologique très noir.

« La fille de Baal », 2008 - Le livre de poche

« La fille de Baal », 2008 – Le livre de poche

  • Albin Michel – Spécial suspense (2005)

La fille de Baal: Coatmeur à son meilleur

A 80 ans, Jean-François Coatmeur continue ses lettres de noblesse à la littérature policière. Il en apporte une éclatante démonstration avec son dernier livre, "La fille de Baal", dont l'action se déroule pour l'essentiel à Brest et qui apparaît déjà comme l'une des plus belles réussites de l'auteur "des Sirènes de minuits" et de "La nuit rouge". Dans son bureau de la rue du Forestou-Huella, Jean-François Coatmeur a consacré deux ans et demi à la rédaction de son nouveau roman: "C'est mon rythme normal", glisse celui qui, au fil des années est devenu l'un des auteurs français de suspense d'atmosphère parmi les plus reconnus. Le poids du passé Dans "La fille de Baal" (allusion à Baal, divinité phocéenne qui sacrifiait ses propres enfants), Coatmeur a imaginé les tourments de Delphine, une professeur de littérature médiévale de l'université de Brest, une femme mariée, condamnée au silence pour avoir assisté, impuissante, au meurtre de son amant, un jeune étudiant. Mais des messages obscènes et menaçants lui parviennent, portant la signature d'un mystérieux "Ariel", visiblement très au courant des circonstances du drame.
Qui est le maître-chanteur ? Comment Delphine, harcelée par son passé et prisonnière de ses propres mensonges, va-t-elle pouvoir faire face ? On n'en dira pas davantage de peur de gâter le plaisir du lecteur, embarqué dans cette histoire de près de 400 pages, au fil desquelles de nombreux personnages, parfaitement traités par l'auteur, gravitent autour de l'héroïne. Ils sont immergés dans la vie brestoise, d'ailleurs croquée avec saveur (la description des Halles Saint Louis, le portrait du maire) par le romancier. Toujours une petite lueur Pour Jean-François Coatmeur, le déclic est venu de visites à une de ses proches au centre hospitalier de la Cavale Blanche: "Je me suis retrouvé dans le long couloir des urgences auquel j'ai trouvé un côté mystérieux, pour ne pas dire sinistre. J'ai pensé que l'établissement pouvait servir de cadre à une partie du livre. D'autre part, l'idée de situer un roman dans les milieux universitaires me taraudait depuis longtemps".
Comme beaucoup de ses œuvres précédentes, "La fille de Baal", au-delà de l'intrigue policière (ici particulièrement bien agencée), reste d'abord une histoire de couple "avec ses dérives, ses écarts, ses joies aussi" précise Jean-François Coatmeur, dont les protagonistes restent, avant tout, des êtres de chair, et de sang. Sous sa plume, même les plus vils concervent un zeste d'humanité: "parce que chez l'homme vacille toujours une petite lueur.C'est du moins ce que je veux continuer à croire".

André Rivier

Le Télégramme - Edition Brest - Novembre 2005

Une lecture de Claude Le Nocher

A Brest, Delphine est professeur de littérature médiévale à la fac Segalen. Elle est marié à Dominique, chercheur au CHU et enseignant à l’école de médecine. Ayant perdu leur petite Cécilia en 1991, ils ont un fils de 11 ans, Morgan. Delphine entretient une liaison avec l’un de ses étudiants, Reynaldo. Une nuit, il est mortellement agressé par deux hommes masqués. Présente, Delphine se fait violer. Avant de s’enfuir, elle prévient anonymement la police. Dès le lendemain, elle doit feindre, cacher sa profonde tristesse. Elle ne dit rien à son mari, ni à l’enquêteur qui l’interroge. Elle ne se confie qu’à Manon, sa meilleure amie. Delphine est contactée par son ancien amoureux, Jérémy, revenu vivre dans la région.
Delphine reçoit bientôt des courriels « Ariel ». Ces messages deviennent vite obscènes, visant aussi Dominique. On glisse des billets insultants sur son pare-brise. On a retrouvé un SDF mort. Sans doute est-ce lui qui venait de téléphoner à Delphine. Ariel ne tarde pas à faire chanter Delphine. Elle paie le 20 000 € demandé. Elle redoute que l’homme n’en reste pas là. Quand la menace se renouvelle, Delphine avoue (presque) tout à son mari. Très actif, fatigué par un début de cancer qu’il réfute, Dominique ne lui apporte qu’un soutien relatif. D’autant qu’il ne peut renoncer à un colloque sous les tropiques. Quand à ce diable de Morgan, il lui complique la vie.
Delphine soupçonne Manon. Le meurtre d’un collègue, prof facho, n’est pas sans rapport avec l’affaire. S’il reste dans l’ombre, Jérémy se pose des questions après que Delphine lui ait révélé son secret. La menace plane toujours sur la jeune femme…
Jean-François Coatmeur est un écrivain qui ne déçoit jamais. On chercherait vainement des défauts dans son œuvre impeccable. Cet orfèvre des ambiances sous tension, perfectionniste du suspens, nous propose une nouvelle histoire finement ciselée. Situé dans cette ville de Brest que l’auteur connaît bien, ce roman utilise astucieusement le contexte du 1er semestre 2003. La vie quotidienne de Delphine et de ses proches est absolument crédible. Les angoissantes péripéties traversées par la jeune femme sont captivante. Non seulement le scénario est de grande qualité, mais l’écriture est toujours admirable. Coatmeur reste un maître du genre.

Claude Le Nocher

Rayon polar.Com - 16 novembre 2005

Suspense - La fille de Baal

Professeur de littérature médiévale à l’université de Brest, Delphine entretient une liaison avec un de ses étudiants. Un soir, elle assiste impuissante à l’agression commise contre son amant par deux individus cagoulés qui le battent à mort et la violent. Peu après, elle reçoit des mails d’un certain « Ariel » très au fait des circonstances du drame… Une histoire menée de main de maître, des personnages passionnants et originaux dans une atmosphère bretonne chère à l’auteur, Grand prix de littérature policière, Prix du suspens, Grand prix des écrivains de l’ouest, souvent adapté au cinéma et à la télévision.

La République - 21 novembre 2005

A vous livre polars vous recommande La fille de Baal

Jean-François Coatmeur sait y faire pour créer une atmosphère et le trouble. Cette fois, nous sommes vraiment dans un policier, un thriller très classique et moins dans un polar sociétal quoique…
Un couple qui bat de l’aile. Lui beaucoup de nanas. Elle : un amant. Un fils ado qui disjoncte. Deux carrières universitaires. La vie en province. Ce vieux drame : la fille morte brûlée dans l’incendie de la maison alors que les parents guindaillaient. Et puis…
Voila que tout dérape et plutôt durement. Assassinat de l’amant, viol de la femme, corbeau sur le net, les flics… d’autres drames. Et comme toujours la question : Qui ? Et l’autre : Pourquoi ?
Et Coatmeur nous entraine dans un huis clos familial et relationnel de plus en plus dur et qui est aussi portrait d’une certaine manière de vivre et de concevoir les rapports humains.
Jusqu'à une finale qu’on verrait bien portée au cinéma tout comme ce livre d’ailleurs.

Denis Leduc

Antipode (Radio Belge) - 16 décembre 2005

Petits meurtres à la brestoise

Brest, quartier de recouvrance. Un univers cher aux Bretons et aux lecteurs de Jean-François Coatmeur. Comme bon nombre d’autres, « La fille de Baal », dernier opus du plus breton des auteurs de romans policiers, a pour cadre cette ville, sa bourgeoisie discrète, ses universitaires frileux, ses policiers désabusés portant sur le monde un regard lucide et cynique.
Si Delphine, professeur de littérature médiévale, à l’université de Brest, entretient une liaison avec un de ses étudiants, Mauricien, ce n’est certes pas par gout du scandale. Loin d’elle l’idée de porter tord à Dominique son mari, grand manitou de la biologie universitaire, distant mais irréprochable… Mais quand son univers bascule, que le chantage sordide débouche sur le viol et le meurtre, elle perd pied. Qui sont ces hommes cagoulés qui ont tué son amant et l’on brutalisé ? Qui est ce mystérieux correspondant qui, entre e-mail et coups de téléphone, paraît tout savoir, tour à tour amoureux, obscène et menaçant ? Qui se cache derrière les apparences policées des uns et des autres ?
Comme toujours chez Coatmeur, le politique et le social sont en filigrane d’une histoire dont les personnages ont une densité et une originalité rarement atteinte. Lâchetés, mesquineries et hypocrisies des uns, secrets farouchement gardés des autres, tissent la toile de fond d’un univers subtil, étouffant dont l’envers est pire que l’endroit.
Si les spécialistes regretteront de retrouver dans la dernière partie du livre quelques « ficelles » déjà utilisées dans « Des feux sous la cendre », ce roman est cependant un excellent cru, écrit dans une langue riche, à la limite de la préciosité, qui donne au texte toute son intensité.

Pascale Primi

Corse Matin / Monaco Matin - 18 décembre 2005

Suspense à la Brestoise

Suspense à la Brestoise. Stupeur à Brest. Un étudiant comorien est sauvagement assassiné. Seule sa tutrice de thèse, qui est aussi sa maîtresse, a assisté à la scène. Mais elle préfère se taire, garder son secret plutôt que de sacrifier sa réputation et celle de son mari, un éminent médecin. Tout s’écroule quand, un jour, la jeune femme reçoit des menaces de la part d’un maître chanteur au courant de toute l’histoire. Incroyable machination. Jean-François Coatmeur, l’un des maîtres du polar français, tisse une toile implacable autour de son héroïne. Le piège se referme sur elle, tenant le lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages. Jusqu’au dénouement, qui donne un visage et un nom à l’incroyable machination…

Le Berry Républicain - 10 janvier 2006

Auteur

Auteur de romans policier, Grand prix de littérature policière en 1976 pour Les Sirènes de minuit (Édition Denoël)