[Temps de lecture : 3 minutes]

Brest sortilège

Brest, le pont de Recouvrance - Dessin de Caroline Didou

Brest, le pont de Recouvrance – Dessin de Caroline Didou

«Je ne figure point parmi les nostalgiques du Brest de Mac-Orlan, car ce n’est qu’en octobre 1951 que j’ai fait la connaissance de celle « dont il ne reste rien », et il y a des lustres que, longtemps rebelle à ses avances, je me suis dépouillé de trop tenaces préventions contre la ville renée de ses cendres.
Je sais donc gré à Caroline Didou d’avoir réussi à en capter les discrètes séductions, en choisissant comme centres d’intérêt, non seulement la mer, son éternelle compagne, mais aussi quelques-uns des témoins récents, emblématiques ou anonymes, de sa riche histoire.
La promenade à laquelle elle nous convie à travers ses compositions est tout sauf ennuyeuse. Le dessin est précis et très sûr, les formes qu’elle nous donne à voir ont une vraie présence, les couleurs chantent et même le béton sous son pinceau à des grâces de vieux granite.
Il est de bon ton dons certains cercles de dauber sur Brest « la revêche », voire « la sinistre ». Montrons-nous indulgent pour de telles foutes de goût : n’ai-je pas été moi-même un temps l’un de ces malheureux ? Le beau travail de Caroline Didou tord le cou à ces fables. « Brest la grise », peut-être, mais surtout « Brest la secrète », donc à découvrir et qui se mérite, « Brest sortilège » !
Encore merci à l’artiste d’avoir su si bien saisir le charme, l’âme aussi, d’une cité que l’on o crue trop vite ensevelie à jamais sous les tristes remblais de la reconstruction. »

[Jean-François Coatmeur – 8 février 2006 – Préface de Esquisse d’une ville : Brest par Caroline Didou]

Aux débuts des années 2010, Jacques Le Coz, a étudié trois parmi les romans de Jean-François Coatmeur dont l’action principale se déroule à Brest (Les sirènes de minuit – 1976, La nuit rouge – 1984, et La fille de Baal – 2005) pour voir comment la ville apparait dans les récits, en s’attachant d’abord aux lieux (noms de rues, etc.) puis aux personnages. L’étude a été publiée en 2014 dans un numéro hors-série des Cahiers de l’Iroise consacré aux « Scènes de crime à Brest » sous le titre « Le crime à Brest, c’est aussi… Jean-François Coatmeur ». L’article est illustré de superbes photos de Loïc Moyou.

[avec l’aimable autorisation de Dominique Derrien, Président de la la Société d’Étude de Brest et du Léon, éditrice des cahiers de l’Iroise]

Le crime à Brest c'est aussi... Jean-François Coatmeur
Jean-François Coatmeur en haut de la place de la Liberté et de la rue de Siam, à Brest (© Ouest-France)

Jean-François Coatmeur en haut de la place de la Liberté et de la rue de Siam, à Brest (© Ouest-France)

J’ai jeté l’ancre à Brest il y a quelque quarante-cinq ars, et j’en ai fait mon port d’attache. Quoi de surprenant dès lors, qu’il m’arrive souvent de tremper ma plume dans l’eau salée et que trois de mes ouvrages les plus marquants aient pour décor principal la couronne littorale de la cité du Ponant ? J’avoue même une faiblesse tenace pour son port de commerce, il ne me paraît pas ridicule de déceler, entre le fouillis gris de ses docks, de ses silos, de ses bassins sous la pluie et la complexité d’un tempérament que l’on dit tourmenté, une essentielle connivence. »

[Jean-François Coatmeur – Ancrage – Lettres du Ponant, mars 1999]

« Ma ville, c’est Brest ! » disait volontiers Jean-François Coatmeur dans la deuxième moitié de sa vie. Pourtant, à ses débuts brestois en 1952, la Cité du Ponant n’avait que peu d’attraits à ses yeux. Écoutons le nous conter comment elle sut trouver grâce à ses yeux :

  

Le 28 avril 2018, un premier hommage lui est rendu dans Les Jardins de lecture des Capucins : six bancs portent désormais les noms de trois femmes et trois hommes auteurs engagés fortement liés à Brest : Nathalie Lemel, Anita Conti et Irène Frachon pour les femmes; Jean-François Coatmeur, Hervé Bellec et Christophe Miossec pour les hommes

(cliquez pour voir la photo agrandie)

Reconnaissante, la ville de Brest décida dès 2018 de donner à une voie de la cité du Ponant le nom de Jean-François Coatmeur.  Le 25 janvier 2020, François Cuillandre, maire, inaugure la place Jean-François Coatmeur en plein cœur de la ville, au bas de la rue de Siam, place où se situe l’arbre empathique.

25 janvier 2020 - Inauguration de la place Jean-François Coatmeur à Brest L'arbre empathique? place Jean-François Coatmeur à Brest

2020-01-25-inauguration-place-j-f-coatmeur

Les livres se passant à Brest

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Le dernier roman de Jean-François Coatmeur. Une fête trop arrosée qui tourne mal. Un après-midi qui se solde par un viol collectif. La victime est jetée par la fenêtre, mais la mort ne veut pas d’elle. Pas encore.
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Une intrigue implacable, des dialogues au cordeau, des personnages ambigus... : un suspense psychologique très noir.
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Jean-François Coatmeur délivre dans son texte des ambiances et des lumières étranges et angoissantes. Des personnages ambigus, marins... au cœur des photographies de Claude Le Gall, artiste du noir et blanc
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Face au regard de cire de la jeune infirme murée dans son terrible silence, ses parents et ses proches vont tenter de comprendre. Au bout de la route les attend l’innommable vérité
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Où l'auteur manie à la fois le suspense mais aussi l'humour avec cet oncle à héritage qui veut se remarier avec une jeunette et priver de leur héritages trois frères
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L'assassinat d'un étudiant est le point de départ d'une intrigue où vont s'affronter des aristocrates décadents, de jeunes intellectuels et des tueurs qui ont pignon sur rue
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Le plus grand succès de Jean-François Coatmeur qui obtient avec ce 8° opus le Grand prix de la littérature policière
[Temps de lecture : < 1 minute]

Une fête trop arrosée qui tourne mal. Un après-midi qui se solde par un viol collectif.
La victime est jetée par la fenêtre, mais la mort ne veut pas d’elle. Pas encore.
Nanou va élever sa fille Chris sans rien lui révéler de son passé. À sa mort, elle lui laisse une lettre avec les noms des coupables restés impunis. Un quatuor d’amis devenus des notables. Chris décide de se venger de cette « petite bande », dont elle retrouve, un à un, chacun des membres. Elle met en place un plan diabolique pour les piéger les uns après les autres. Mais le plus cruel des châtiments est réservé à son père biologique…
Une tragédie familiale digne des Atrides dans une atmosphère brestoise chère à l’auteur.

Secrets d’écriture

S’il était déjà atteint par la maladie qui allait l’emporter, Jean-François Coatmeur restait acharné à la parfaite imbrication des ficelles de son intrigue. Ci-dessous, une séance de travail de relecture avec son neveu Joël le 31 octobre 2015 :

  • Albin Michel – Hors collection (2016)

Les noces macabres, de Jean-François Coatmeur

Les noces macabres aurait pu être un bon livre si ma lecture n’en avait pas été quelque peu gâchée en amont. Du coup je regrette un peu cette lecture qui s’est avérée moins passionnante que prévue alors même que le sujet était intéressant. Classique mais ce n’était pas dérangeant car j’étais curieuse de voir comment l’auteur allait nous faire découvrir cette histoire étant donnée les circonstances.

Pourquoi ma lecture a été gâchée ? J’avais eu une présentation du livre qui m’a tout de suite intéressée mais qui était très loin de la 4e de couverture présente ci-dessus qui garde un certain mystère sur l’histoire. Donc pas de crainte pour vous. Dans cette présentation, je me suis rendue compte après coup que je me suis fait spoiler sur l’intégralité du livre car l’élément central présenté – et qui m’avait grandement intéressée parce que ça promettait quelque chose de sombre et de passionnant – s’avérait être LA révélation finale du livre.

Autant vous dire que j’ai été grandement déçue car je m’attendais à tout instant à ce qu’on parle de ce fameux élément et quelle a été ma déception quand j’ai constaté que c’était la révélation finale. De quoi gâcher une lecture quand même puisqu’il n’y avait plus de surprise et que l’on peut ainsi voir la manière dont l’auteur a créé son récit. Tout semble facile et cousu de fil blanc… J’étais dans l’attente à ce qu’il se passe quelque chose, qu’on évoque tout cela mais ces éléments n’arrivent qu’à la toute fin.

Alors si on ignore tout cela et qu’on s’en tient au résumé officiel (la 4e de couverture) évidemment, on ne s’attend pas forcément à cela et ça peut être un livre intéressant...

Melisandre

lireoumourir.com - Mai 2016

Jean-François Coatmeur : Les noces macabres

Habitant Ivry, Christelle est une jeune femme d'environ vingt-cinq ans, dont son petit-ami Pascal est très amoureux. Elle reste proche de sa mère, Nanou, quinquagénaire vivant à Puteaux. Toutes deux sont infirmières en hôpital, leurs opinions politiques étant marquées à gauche. En ce mois de mars 2011, l'état de santé de Nanou est fragile. Il se dégrade encore davantage quand sa fille lui parle d'un patient admis là où elle est employée, suite à un accident de voiture. Âgé de cinquante-quatre ans, très gravement touché, cet Alain Vénoret est un chirurgien orthopédiste exerçant en Suisse, où il vit depuis de nombreuses années. Il est originaire de la région brestoise, comme Nanou. Bien que la mère de Chris n'ait pas semblé se souvenir de lui, la crise qui la secoue peut être associée au nom de cet hospitalisé. Le choc sera bientôt fatal à Nanou. Elle a laissé à sa fille un curieux dossier.

Claude Le Nocher

Action-suspense.com - 23 mai 2016

Les noces macabres - Jean-François Coatmeur

Brest 1987, une petite fête trop arrosée tourne mal. Une jeune fille passe par la fenêtre, elle en réchappe mais elle est marquée à vie.

Bien des années plus tard, Chris découvre cette histoire dans une lettre que sa mère lui a laissé avant de mourir. Elle donne également les noms des coupables qui n'ont jamais été punis... Chris va mettre entre parenthèse sa vie "d'avant" (abandonner son travail et son petit ami) pour venger sa mère...

C'est le premier livre que je lisais de cet auteur breton. Et mon ressenti est mitigé, d'abord la Bretagne, elle n'est pas si présente que cela dans ce roman, le drame du passé se déroule bien à Brest et la conclusion de l'histoire également...

La lecture est facile et l'intrigue est plutôt bien construite mais je n'ai pas été captivé par cette histoire assez classique et parfois brouillonne.

A propos de livres - 1er juin 2016

Les noces macabres de Jean-François Coatmeur

L’histoire débute le 17 septembre 1987 à Brest, chez Nanou. Suite à une après-midi débridée agrémentée d’alcool et de sexe consentant ou non, la petite bande se sépare. Le soir-même, Nanou va annoncer sa grossesse à son petit ami…la suite se résume en une tentative de suicide, une séparation…et la naissance d’un joli bébé. Nanou est sur le point de mourir, lorsqu’elle confie à sa fille, l’existence d’un dossier à son attention. Après les obsèques, Chris découvre les événements de cette journée de 87.

Ce livre nous emmène dans deux époques bien différentes en 1987 et en 2012, l’auteur a su mêler mystère, découverte et surprise. On s’attache à chaque personnage qui s’attarde ou non dans l’histoire. Chris saura aussi bien jouer la manipulation que la trahison.

L’auteur a su nous embrouiller, nous faire autant détester Chris que l’aimer, à chaque page, je voulais savoir la suite. Ma seule question lors de ma lecture était : Que va t-il se passer ?

Un des meilleurs livre que je n’ai jamais lus, j’ai hâte d’en lire plus de ce genre pour pourvoir avoir une vrai comparaison. On découvre aussi plusieurs facettes de l’histoire jusqu’à se demander si le pire n’est pas en train de se produire ! Je vous laisse déguster ce livre, la vengeance est un plat qui se mange glacé !

Une bonne lecture à vous, rien n’est plus précieux que l’amour d’une fille !

Yesmine Zrouli

Romans sur canapé.com - 1er juin 2016

Polar. Les noces macabres ***

Que s’est-il passé le 17 septembre 1987 dans un appartement brestois ?

C’est à cette question que va s’efforcer de répondre Chris, la fille de Nanou, une infirmière qui vient de décéder en laissant en héritage des indices sur la tragédie dont elle a été victime vingt-cinq ans plus tôt. Fermement décidée à percer le mystère, Chris se retrouve en 2012 au cœur des Fêtes maritimes de Brest dans une ville foisonnante. Pendant ce temps, moine, maire, médecins, autrefois amis au sein de la « petite bande », reçoivent d’étranges coups de fil distillés par une voix déformée qui leur fait entendre « Il neige sur le lac majeur », la chanson de Mort Schuman.

Comme son habitude, Jean-François Coatmeur a l'art de maintenir le lecteur en haleine. Une fois ouvert, impossible de refermer ce roman à suspense avant la fin où un dernier rebondissement vient encore surprendre. Jean-François Coatmeur, c'est aussi un style limpide, une écriture soignée et une maîtrise de l'intrigue.

Dominique Le Bian-Rivier

Le Télégramme - 2 juin 2016

Les noces macabres, Jean-François Coatmeur

Ouvrir un livre de Coatmeur, c'est toujours l'assurance de vivre un très bon moment. Avec les noces macabres, on ne déroge pas à la règle même s'il est lu très rapidement.

Les fans -dont je fais partie- n'avaient pas eu l'occasion de lire Jean-François Coatmeur depuis 2012 et son machiavélique "Ouest Barbare". Quatre ans donc qu'on attendait le nouveau roman du lauréat du grand prix de littérature policière 1976 et de nombreux autres prix. Une éternité ! C'est dire notre impatience. Alors quand j'ai appris qu'un nouveau roman venait de sortir, je me suis jeté dessus. Le pitch ne paraît pas très original, disons-le. Un viol, une histoire de vengeance. Ouais, déjà lu ce genre d'histoire. Sauf qu'avec Jean-François Coatmeur, le banal se transforme vite en chemin sinueux dans lequel le lecteur se perd, s'égare et dont les certitudes s'ébranlent au fur et à mesure du récit.

Dans ce roman, tous les ingrédients propre à Coatmeur sont réunis : une histoire familiale compliquée (Nanou et sa fille Chris dont la vie va basculer après la mort de sa mère), des notables à l'intégrité douteuse (Vénoret et ses amis), un cadre géographique propice aux mystères (Brest) et bien sûr un plan tortueux.

Les connaisseurs reconnaîtront la trame qui a servi de base à la nouvelle publiée dans le recueil "Brest, l'ancre noire" mais il ne s'agit vraiment pas d'une version allongée de "les mains qui s'ouvrent". Les noces macabres, c'est bien un roman, un vrai -certes un peu court- avec une vraie intrigue et des personnages dont on ne perçoit pas tout de suite les personnalités.
Le récit se déroule sur deux périodes différentes. Tout commence en 1987 à Brest et finit en 2012 à Brest aussi mais après avoir voyagé à Paris et du côté du Mans. La boucle est bouclée et Coatmeur nous convie même à une petite balade au grand rassemblement de bateau.

Terre du Noir - 3 juin 2016

Les Noces macabres de Jean-François Coatmeur

Un jeune couple plein de fougue en région parisienne (Chris et Pascal). Un vieux ronchon à Brest. Un médecin au Mans. Un chirurgien suisse (Alain). Un politicien. Un lourd secret relie tout ce petit monde suite à événement tragique suite à la fête un peu trop arrosée pour fêter le diplôme de quatre jeunes médecins, il y a vingt cinq ans, et au cours de laquelle la fiancée (Nanou) d'un des carabins s'est jetée par la fenêtre... La fille de Nanou, Chris, n'apprendra les détails sordides qu'au décès de sa mère, qui lui confie tout un dossier de l'enquête qu'elle a menée depuis des années pour suivre le parcours des quatre médecins devenus chacun des notables...

Décidée à venger sa mère, Chris ourdit un plan digne des Diaboliques de Barbey d'Aurelilly, même si en chemin elle doit risquer de perdre son grand amour. La vérité sortira, et sa mère sera vengée — mais vengée de quoi ? —, quels que soient les dommages collatéraux.

Dans un récit qui rappelle très souvent L'Eté meurtrier, et qui ne convainc jamais vraiment le lecteur, Coatmeur tente d'instaurer une intrigue dont malheureusement les fils sont un peu grossiers et la substance éculée. On l'a connu plus inspiré.

Loïc Di Stefano

Salon-litteraire.com - 5 juin 2016

[Temps de lecture : 2 minutes]

« Un étudiant sauvagement assassin », titre en Une Le télégramme. Reynaldo Mamet, un Mauricien de vingt-neuf ans a été victime « d’un tabassage d’une rare violence ». Crime de rôdeurs, estime la police, ignorant qu’un jeune professeur de littérature qui entretenait avec Mamet une relation secrète, a assisté, impuissante, au meurtre.
Mariée et installée dans la bonne société brestoise, Delphine garde le silence. Jusqu’au jour où elle reçoit des messages d’un inconnu qui semble tout savoir des circonstances du drame. Menacée, terrorisée, ligotée par ses scrupules et ses pudeurs, elle se débat désespérément dans la toile d’araignée qui se tisse, un peu plus serrée chaque jour, autour d’elle. Et lorsqu’une nuit, l’inconnu jette enfin le masque, Delphine doit affronter, seule, l’innommable…


Une intrigue implacable, des dialogues au cordeau, des personnages ambigus… : un suspense psychologique très noir.

Secrets d’écriture

Le chef d’enquête, le commandant Yann Jolivet n’est pas un inconnu. Jeune officier de police, il secondait maladroitement l’inspecteur principal Lordois dans Des feux sous la cendre. Lieutenant, on le croisait rapidement dans la nouvelle Judith de Recouvrance. Le peintre amateur Antoine Leparpaillot, lieutenant en retraite mis à contribution pour résoudre l’énigme, était un des personnages principaux de Judith de Recouvrance alors qu’il venait d’accéder à la retraite. Il a également participé comme inspecteur à l’enquête dans Des feux sous la cendre.

Tarzan, le chien d’Antoine Leparpaillot, est la copie conforme de Tarzan, le chien de Jehanne, la fille de l’auteur.

« La fille de Baal », 2008 - Le livre de poche

« La fille de Baal », 2008 – Le livre de poche

  • Albin Michel – Spécial suspense (2005)

Musique

Le roman commence par une soirée, deux jours avant Noël, où des couples dansent au son d’un slow des années 60 : Nights in White Satin des Moody Blues. Plus tard, à la fin du roman, c’est d’une cave désaffectée qu’un vieil électrophone crachouille cette langoureuse mélopée… Quel rôle joue cet air dans les tragiques événements qui se déroulent entre ces deux moments séparés par douze années ?

>Écoutez Nights in White Satin

La fille de Baal: Coatmeur à son meilleur

A 80 ans, Jean-François Coatmeur continue ses lettres de noblesse à la littérature policière. Il en apporte une éclatante démonstration avec son dernier livre, "La fille de Baal", dont l'action se déroule pour l'essentiel à Brest et qui apparaît déjà comme l'une des plus belles réussites de l'auteur "des Sirènes de minuits" et de "La nuit rouge". Dans son bureau de la rue du Forestou-Huella, Jean-François Coatmeur a consacré deux ans et demi à la rédaction de son nouveau roman: "C'est mon rythme normal", glisse celui qui, au fil des années est devenu l'un des auteurs français de suspense d'atmosphère parmi les plus reconnus. Le poids du passé Dans "La fille de Baal" (allusion à Baal, divinité phocéenne qui sacrifiait ses propres enfants), Coatmeur a imaginé les tourments de Delphine, une professeur de littérature médiévale de l'université de Brest, une femme mariée, condamnée au silence pour avoir assisté, impuissante, au meurtre de son amant, un jeune étudiant. Mais des messages obscènes et menaçants lui parviennent, portant la signature d'un mystérieux "Ariel", visiblement très au courant des circonstances du drame.
Qui est le maître-chanteur ? Comment Delphine, harcelée par son passé et prisonnière de ses propres mensonges, va-t-elle pouvoir faire face ? On n'en dira pas davantage de peur de gâter le plaisir du lecteur, embarqué dans cette histoire de près de 400 pages, au fil desquelles de nombreux personnages, parfaitement traités par l'auteur, gravitent autour de l'héroïne. Ils sont immergés dans la vie brestoise, d'ailleurs croquée avec saveur (la description des Halles Saint Louis, le portrait du maire) par le romancier. Toujours une petite lueur Pour Jean-François Coatmeur, le déclic est venu de visites à une de ses proches au centre hospitalier de la Cavale Blanche: "Je me suis retrouvé dans le long couloir des urgences auquel j'ai trouvé un côté mystérieux, pour ne pas dire sinistre. J'ai pensé que l'établissement pouvait servir de cadre à une partie du livre. D'autre part, l'idée de situer un roman dans les milieux universitaires me taraudait depuis longtemps".
Comme beaucoup de ses œuvres précédentes, "La fille de Baal", au-delà de l'intrigue policière (ici particulièrement bien agencée), reste d'abord une histoire de couple "avec ses dérives, ses écarts, ses joies aussi" précise Jean-François Coatmeur, dont les protagonistes restent, avant tout, des êtres de chair, et de sang. Sous sa plume, même les plus vils concervent un zeste d'humanité: "parce que chez l'homme vacille toujours une petite lueur.C'est du moins ce que je veux continuer à croire".

André Rivier

Le Télégramme - Edition Brest - Novembre 2005

Une lecture de Claude Le Nocher

A Brest, Delphine est professeur de littérature médiévale à la fac Segalen. Elle est marié à Dominique, chercheur au CHU et enseignant à l’école de médecine. Ayant perdu leur petite Cécilia en 1991, ils ont un fils de 11 ans, Morgan. Delphine entretient une liaison avec l’un de ses étudiants, Reynaldo. Une nuit, il est mortellement agressé par deux hommes masqués. Présente, Delphine se fait violer. Avant de s’enfuir, elle prévient anonymement la police. Dès le lendemain, elle doit feindre, cacher sa profonde tristesse. Elle ne dit rien à son mari, ni à l’enquêteur qui l’interroge. Elle ne se confie qu’à Manon, sa meilleure amie. Delphine est contactée par son ancien amoureux, Jérémy, revenu vivre dans la région.
Delphine reçoit bientôt des courriels « Ariel ». Ces messages deviennent vite obscènes, visant aussi Dominique. On glisse des billets insultants sur son pare-brise. On a retrouvé un SDF mort. Sans doute est-ce lui qui venait de téléphoner à Delphine. Ariel ne tarde pas à faire chanter Delphine. Elle paie le 20 000 € demandé. Elle redoute que l’homme n’en reste pas là. Quand la menace se renouvelle, Delphine avoue (presque) tout à son mari. Très actif, fatigué par un début de cancer qu’il réfute, Dominique ne lui apporte qu’un soutien relatif. D’autant qu’il ne peut renoncer à un colloque sous les tropiques. Quand à ce diable de Morgan, il lui complique la vie.
Delphine soupçonne Manon. Le meurtre d’un collègue, prof facho, n’est pas sans rapport avec l’affaire. S’il reste dans l’ombre, Jérémy se pose des questions après que Delphine lui ait révélé son secret. La menace plane toujours sur la jeune femme…
Jean-François Coatmeur est un écrivain qui ne déçoit jamais. On chercherait vainement des défauts dans son œuvre impeccable. Cet orfèvre des ambiances sous tension, perfectionniste du suspens, nous propose une nouvelle histoire finement ciselée. Situé dans cette ville de Brest que l’auteur connaît bien, ce roman utilise astucieusement le contexte du 1er semestre 2003. La vie quotidienne de Delphine et de ses proches est absolument crédible. Les angoissantes péripéties traversées par la jeune femme sont captivante. Non seulement le scénario est de grande qualité, mais l’écriture est toujours admirable. Coatmeur reste un maître du genre.

Claude Le Nocher

Rayon polar.Com - 16 novembre 2005

Suspense - La fille de Baal

Professeur de littérature médiévale à l’université de Brest, Delphine entretient une liaison avec un de ses étudiants. Un soir, elle assiste impuissante à l’agression commise contre son amant par deux individus cagoulés qui le battent à mort et la violent. Peu après, elle reçoit des mails d’un certain « Ariel » très au fait des circonstances du drame… Une histoire menée de main de maître, des personnages passionnants et originaux dans une atmosphère bretonne chère à l’auteur, Grand prix de littérature policière, Prix du suspens, Grand prix des écrivains de l’ouest, souvent adapté au cinéma et à la télévision.

La République - 21 novembre 2005

A vous livre polars vous recommande La fille de Baal

Jean-François Coatmeur sait y faire pour créer une atmosphère et le trouble. Cette fois, nous sommes vraiment dans un policier, un thriller très classique et moins dans un polar sociétal quoique…
Un couple qui bat de l’aile. Lui beaucoup de nanas. Elle : un amant. Un fils ado qui disjoncte. Deux carrières universitaires. La vie en province. Ce vieux drame : la fille morte brûlée dans l’incendie de la maison alors que les parents guindaillaient. Et puis…
Voila que tout dérape et plutôt durement. Assassinat de l’amant, viol de la femme, corbeau sur le net, les flics… d’autres drames. Et comme toujours la question : Qui ? Et l’autre : Pourquoi ?
Et Coatmeur nous entraine dans un huis clos familial et relationnel de plus en plus dur et qui est aussi portrait d’une certaine manière de vivre et de concevoir les rapports humains.
Jusqu'à une finale qu’on verrait bien portée au cinéma tout comme ce livre d’ailleurs.

Denis Leduc

Antipode (Radio Belge) - 16 décembre 2005

Petits meurtres à la brestoise

Brest, quartier de recouvrance. Un univers cher aux Bretons et aux lecteurs de Jean-François Coatmeur. Comme bon nombre d’autres, « La fille de Baal », dernier opus du plus breton des auteurs de romans policiers, a pour cadre cette ville, sa bourgeoisie discrète, ses universitaires frileux, ses policiers désabusés portant sur le monde un regard lucide et cynique.
Si Delphine, professeur de littérature médiévale, à l’université de Brest, entretient une liaison avec un de ses étudiants, Mauricien, ce n’est certes pas par gout du scandale. Loin d’elle l’idée de porter tord à Dominique son mari, grand manitou de la biologie universitaire, distant mais irréprochable… Mais quand son univers bascule, que le chantage sordide débouche sur le viol et le meurtre, elle perd pied. Qui sont ces hommes cagoulés qui ont tué son amant et l’on brutalisé ? Qui est ce mystérieux correspondant qui, entre e-mail et coups de téléphone, paraît tout savoir, tour à tour amoureux, obscène et menaçant ? Qui se cache derrière les apparences policées des uns et des autres ?
Comme toujours chez Coatmeur, le politique et le social sont en filigrane d’une histoire dont les personnages ont une densité et une originalité rarement atteinte. Lâchetés, mesquineries et hypocrisies des uns, secrets farouchement gardés des autres, tissent la toile de fond d’un univers subtil, étouffant dont l’envers est pire que l’endroit.
Si les spécialistes regretteront de retrouver dans la dernière partie du livre quelques « ficelles » déjà utilisées dans « Des feux sous la cendre », ce roman est cependant un excellent cru, écrit dans une langue riche, à la limite de la préciosité, qui donne au texte toute son intensité.

Pascale Primi

Corse Matin / Monaco Matin - 18 décembre 2005

Suspense à la Brestoise

Suspense à la Brestoise. Stupeur à Brest. Un étudiant comorien est sauvagement assassiné. Seule sa tutrice de thèse, qui est aussi sa maîtresse, a assisté à la scène. Mais elle préfère se taire, garder son secret plutôt que de sacrifier sa réputation et celle de son mari, un éminent médecin. Tout s’écroule quand, un jour, la jeune femme reçoit des menaces de la part d’un maître chanteur au courant de toute l’histoire. Incroyable machination. Jean-François Coatmeur, l’un des maîtres du polar français, tisse une toile implacable autour de son héroïne. Le piège se referme sur elle, tenant le lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages. Jusqu’au dénouement, qui donne un visage et un nom à l’incroyable machination…

Le Berry Républicain - 10 janvier 2006

[Temps de lecture : < 1 minute]

Brest, pointe extrème-occidentale de l’Europe, ville de garnison ou ville portuaire, inspiratrice de Prévert et de Mac Orlan, devient aujourd’hui le personnage principal d’un livre d’auteurs et de passion.

Jean-François Coatmeur délivre dans son texte des ambiances et des lumières étrangeshttps://amzn.to/3bsZQ2A et angoissantes. Des personnages ambigus, marins – qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs – filles faciles et flics en retraite glissent, invisibles, au cœur des photographies de Claude Le Gall, artiste du noir et blanc, dans une étonnante vision expressionniste.

Un ouvrage majeur en forme d’escale mystérieuse pour une vie secrète..

Secrets d’écriture

Dans la nouvelle Judith de Recouvrance, l’anti-héros de cette nouvelle, Antoine Leparpaillot, lieutenant en retraite, était apparu comme inspecteur en active dans Des feux sous la cendre. Plus tard, retraité vieillissant, mais toujours peintre amateur, il aidera le chef d’enquête à la résolution de l’énigme de La fille de Baal.

Tarzan, le chien d’Antoine Leparpaillot, est la copie conforme de Tarzan, le chien de Jehanne, la fille de l’auteur.

  • Terre de brume – (2000)
[Temps de lecture : 2 minutes]

Une rescapée, Bernadette Mérou: on l’a retrouvée une nuit de janvier, gisant sur les rochers du port de Brest. Après sept mois d’hôpital, elle n’est plus qu’un être diminué, aphasique, sans mémoire. Une morte vivante.

Que faisait cette jeune fille sage, sur la corniche déserte, cette nuit là ? Pour quelle raison, l’après midi précédent le drame, errait-elle dans la ville comme un chien perdu ? Pourquoi s’intéressait-elle tant à cet « Africain », pensionnaire de la maison de retraite que sa famille semble délaisser ?
Face au regard de cire de la jeune infirme murée dans son terrible silence, ses parents et ses proches vont tenter de comprendre. Au bout de la route les attend l’innommable vérité. Et pour Bernadette, un autre cauchemar commence…

Secrets d’écriture

«Ce livre est le résultat d’une réflexion déjà ancienne et que j’ai également traitée dans ma nouvelle  » Bonhomme Soleil « , sur le thème de la vieillesse, notamment dans les maisons de retraite. J’ai visité assez longtemps un parent dans une maison de retraite, à Douarnenez. J’ai écouté, j’ai vu, j’ai senti et j’ai entendu des confidences, des détresses. Je reprendrai toute cette matière dans Des Feux sous la Cendre pour raconter l’histoire du vieux monsieur qui est grugé par son neveu. En fait, je voulais traiter le problème des vieillards dans leur grande misère et aussi dénoncer les combines pas très propres dont ils sont victimes. Une personne de mon village m’avait elle aussi raconté sa triste histoire, assez banale, m’a-t-on dit depuis. Elle avait été hospitalisée suite à une chute, et, comme elle était sans famille proche, ses neveux se sont occupés d’elle. Ils lui ont présenté un papier et une fois sa signature obtenue, les deux neveux très gentils ne sont plus jamais réapparus ni à Noël ni à un autre moment. J’ai eu l’occasion d’évoquer cette histoire lors d’un congrès mondial francophone organisé par la Résidence Louise Le Roux sur les moyens de distraction des résidents. J’y parlais du plaisir d’écrire et je m’excusais d’avoir cité ce cas que je croyais exceptionnel dans Des Feux sous la Cendre. Les réactions de la salle m’ont bien fait comprendre que cela existe assez souvent, malheureusement… A l’origine de l’histoire, il y a aussi mon éducation religieuse… » (Rencontre avec Jean-François Coatmeur, 9 février 2000).

Quelques éditions de « Des feux sous la cendre »

« Des feux sous la cendre », 2002 - Succès du livre « Des feux sous la cendre », 1996 - Le livre de poche

  • Albin Michel – Spécial suspense (1994)

Trous de mémoire

Son parcours breton, Coatmeur l’a commencé en 1963 en publiant au Masque «Chantage sur une ombre» dont l’action se déroule à Douarnenez et où on voit un vieux flic enquêter sur la mort mystérieuse d’un de ses proches. Après quoi, il l’a poursuivi durant une quinzaine d’années chez Denoël, d’abord dans la collection «Crime club» et ensuite dans la collection «Sueurs froides», laquelle aura été longtemps en France un véritable creuset du roman policier psychologique. Parmi la dizaine de livres publiés par Coatmeur chez Denoël, on détachera «Les sirènes de minuit», «Le mascaret» et surtout «La bavure» que viendra couronner, en 1980, le Prix Mystère de la Critique.
Depuis 1984, Coatmeur est édité dans la collection «Spécial suspense» d’Albin Michel où chacun des cinq romans qu’il a publié à ce jour a connu un joli succès de librairie. Et voilà à présent son sixième, «Des feux sous la cendre». Coatmeur, lit-on page 4 de couverture du livre est «un des seuls auteurs français de thrillers capable de rivaliser avec les maîtres anglo-saxons». D’une manière générale, ce genre de propos rapporté sans nuance par l’éditeur d’un ouvrage est toujours suspect. Mais, en l’occurrence, il n’est pas loin de rejoindre la vérité car ce qui caractérise l’écrivain breton et, en particulier ses derniers romans, c’est la densité. Il y a chez lui à la fois du John le Carre et du Ruth Rendell, c'est-à-dire une façon singulière d’épaissir l’intrigue et de fouiller l’âme de ses personnages, de les observer comme à la loupe à travers leurs moindres paroles et leurs moindres gestes. Ici, ils sont nombreux mais Coatmeur en détaille essentiellement quatre: Bernadette, une jeune fille qui, après un accident survenu à Recouvrance, est devenue amnésique, sa mère, son père et son ami Jean-Loup. Celui-ci et la mère n’ont qu’un but: essayer de savoir ce qui a provoqué l’accident de Bernadette. Et pour arriver à leur fin, ils vont remuer ciel et terre, se transformer en enquêteur de fortune, buter sans cesse contre des silences et des mensonges, rencontrer des gens hostiles et violents et, de fil en aiguille, se rendre compte que Bernadette avait une vie cachée et d’étranges et redoutables relations. Et, en même temps, ils vont, d’un périple à l’autre et de visite en visite, découvrir une Bretagne secrète, tout un monde en trompe-l’œil, tout un peuple de faussaires et d’imposteurs.
Il faut le reconnaître: «Des feux sous la cendre» est un thriller remarquable, construit et écrit avec un réel talent. «Violence sourde, angoisse feutrée, oasis de tendresse» mentionnait Maurice Perisset en 1986 en parlant d’un des précédents romans de Coatmeur, «La nuit rouge». Ces même ingrédients se retrouvent ici – et probablement ont-ils plus d’épaisseur encore. S’il était besoin de prouver que le thriller peut être une véritable esthétique du mystère, ce livre français en serait sans doute un des meilleurs exemples.

Alexandre Lous

Magazine littéraire - Janvier 1995

Des feux sous la cendre

Jean-François Coatmeur n’a plus rien à prouver: il a déjà raflé tous les prix: grand prix de Littérature policière, prix Mystère de la critique, prix du Suspense, sans compter les trophées régionaux dispensés par les cercles littéraires de sa Bretagne natale.
Au faite des honneurs, il pourrait se reposer sur sa moisson de lauriers; heureusement, il continue à écrire et livre à ses lecteurs un roman dans la grande tradition du roman policier français. «Des feux sous la cendre» est un livre horriblement noir, de ces ouvrages qui vous brûlent les mains, partagé qu’on est entre le désir de courir au dénouement et le plaisir de savourer, page après page, le déploiement d’une intrigue finement ciselée.
«Des feux sous la cendre» est un roman à quatre grands personnages: Bernadette 19 ans, Lin sa mère, Théo le père et Jean-François le fiancé. Bernadette est une morte-vivante depuis cette nuit de janvier où on l’a retrouvée grièvement blessée au pied d’une digue de Brest… Quand elle renaît à la vie elle a tout oublié. Mais sa mère, son fiancé, son père veulent savoir. Savoir ce qu’elle faisait ce soir de janvier, ce qu’elle avait vu, entendu ? Qui a voulu la tuer ? L’enquête menée lentement et douloureusement par les proches de Bernadette va aboutir au plus effroyable des dénouements.
Avec ces «Feux sous la cendre», J.F. Coatmeur se place à nouveau en tête des maîtres du suspense et rivalise avec les grands auteurs étrangers dont on a fait, un peu trop vite, les seuls spécialistes du thriller.

M. R.

Le Dauphiné Libéré - Vaucluse Matin - 2 janvier 1995

Des feux sous la cendre

C’est une fois de plus au cœur de sa Bretagne natale que Jean-François Coatmeur (avec un nom pareil il ne peut renier ses origines…) nous conduit, après «Les sirènes de minuit», «La bavure», «La danse des masques» ou encore «La nuit rouge» et une flopée de grands prix mérités (celui de la Littérature policière, du Suspense et Mystère de la critique). Au cœur de la Bretagne et dans le port de Brest, en particulier, au pied de rochers où l’on a retrouvé, une nuit de janvier, une jeune fille sanguinolente. Rescapée de l’horreur, vivante mais amnésique. Bernadette Mérou et son terrible secret. Sa mère, effondrée, tente de comprendre et recherche inlassablement, assisté du fiancé de la jeune fille, pourquoi une main meurtrière a tenté de tuer son enfant. Au bout de ces turbulences familiales, des plus sordides, la vérité sera là, enfin. Mais si terrible, si noire, si brutale que chacun en restera marqué à vie. Si ce polar là ne rafle pas un autre grand prix dans les mois à venir. C’est à désespérer de tous les jurys !

Nord Matin - Nord Eclair - 15 avril 1995

[Temps de lecture : < 1 minute]

Trois fils vivaient en paix. Jusqu’au jour où Napoléon, le vieil oncle à héritage, annonce qu’il va se remarier « avec une jeunesse ». Réunis en conseil de crise, les neveux frustrés peaufinent le plan qui sauvera la morale et le pactole. A mort, Napoléon ! Mais qui aurait pu prévoir que le défunt se sauverait de son cercueil et, mué en fantôme invisible, harcèlerait les coupables ?

Une farce noire

Secrets d’écriture

« Escroquemort » a été écrit en 1966, dans la période ou Jean-François Coatmeur doutait, ne voyant pas venir le troisième roman publié. Il tente alors une nouvelle formule mêlant polar et humour… noir. Denoël le refuse.

Coatmeur quitte Denoël en 1984 pour Albin Michel et sa collection blanche Spécial suspense. Mais Coatmeur doit encore par contrat un roman à Denoël. Après la sortie de « Les Croix sur la mer », il se décide à solder son compte avec Denoël en lui proposant une version légèrement retravaillée du manuscrit de 1966. Le roman sera publié en septembre 1992.

  • Denoël – Sueurs froides (1992)
[Temps de lecture : 2 minutes]

Un étudiant a été assassiné, un soir sur le port. Cherchant à découvrir la vérité sur ce crime odieux, le frère de la victime tombe lui-même dans un piège. La partie est inégale entre ce jeune intellectuel et des notables qui tuent masqués. Que faut-il pour arracher ces masques et arrêter la violence ?

Secrets d’écriture

« La nuit rouge»  est le premier roman paraissant chez Albin Michel, le nouvel éditeur de Jean-François Coatmeur. De part son contrat chez Denoël, il reste à ce moment redevable d’un roman. Les termes du contrat seront honorés huit ans plus tard lors de la sortie de « Escroquemort ».

A ce jour, « La nuit rouge»  est le seul roman de Jean-François Coatmeur a avoir été adapté pour le cinéma… un film qui n’est jamais sorti ! Pourquoi ? Explications de l’auteur :

« Le seul qui a été adapté pour le cinéma, La Nuit Rouge, a été un fiasco. 0ui, un vrai naufrage ! Le film a été projeté à Brest devant des invités et ta presse. Trois œuvres tirées de mes romans étaient au programme ce soir-là : deux déjà diffusées à ta télévision, Les Sirènes de Minuit et Morte Fontaine qui supportaient très bien le grand écran, et en fin de soirée, La Nuit Rouge. Nous espérions, vu l’heure tardive, qu’il n’y aurait plus personne. Erreur, la salle du Mac-Orlan était encore bien garnie quand on a présenté La Nuit Rouge ! J’avais honte. En accord avec la représentante d’Albin Michet qui avait fait le déplacement, on a décidé de faire interdire l’exploitation commerciale du film. » (interview Breton n° 7, février 2006)

14 ans plus tard, c’est une adaptation de La bavure, projet canadien avec Omar Epps dans le rôle principal, qui capote quelques jours avant le début du tournage en avril 2014.

Coatmeur et le cinéma, une histoire qui reste à construire !

Quelques éditions de « La nuit rouge »

« La nuit rouge » - Le livre de poche « La nuit rouge », 1984 - Édition France Loisir « La nuit rouge », édition japonaise « La nuit rouge », édition allemande

  • Albin Michel – Spécial suspense (1984)

Un film

Clap du tournage du film La nuit rouge

Clap du tournage du film La nuit rouge (1989)

8 avril 1989. Repas de fin de tournage de « La nuit rouge »

8 avril 1989. Repas de fin de tournage de « La nuit rouge ». Coatmeur (au centre) n’imaginait pas le résultat final…

Réalisation de : Jean-Marie Richard

Scénario de : Jean-François Coatmeur

Année : 1989

Distribution :

  • Serge Avedikian
  • Jacques Debary
  • Mylène Demongeot
  • Karol Rouland : Marie-Marthe

[Temps de lecture : 2 minutes]

Double assassinat à Brest, dans une France agitée , gouvernée par le général Chopinet. Après revendication par un groupuscule révolutionnaire, l’affaire est immédiatement confiée à la police politique. Tandis que la psychose du complot international s’installe, relayée par une flambée de xénophobie, on désigne un coupable idéal… Peu importe s’il a vraiment tué. La vérité ne semble pas bonne à savoir.

Secrets d’écriture

En 1965, en pleine période de doute (voir Aliéna) Jean-François Coatmeur avait écrit un roman «Les sirènes de minuit» que Denoël avait rejeté. En 1974 il s’attelle à reconstruire totalement ce roman qui sera publié en mars 1976.

« Un événement important peut être à la base du récit. Les Sirènes de Minuit n’auraient jamais vu le jour s’il n’y avait pas eu le coup d ‘état de Pinochet. Ma réponse à Pinochet a été ce livre, en 1976. » (Rencontre avec Jean-François Coatmeur, 9 février 2000).

Fin mai, le roman obtient le Grand prix de littérature policière, au premier tour, ce qui est rare (en avril 1973, « La voix dans Rama » avait été battu sur le fil au… 15ème tour !). Ce prix fera décoller fortement le succès de Coatmeur. Les Sirènes connaitra un grand nombre de ré-éditions (Albin Michel rachètera les droits à Denoêl que l’auteur a quitté pour l’inscrire à son catalogue). « Les sirènes de minuit » seront traduites et publié dans de nombreux pays (Italie, Allemagne de l’ouest, Japon, Hongrie, Pays-Bas, Tchécoslovaquie… Voir les jaquettes étrangères).

Quelques éditions des «Sirènes de minuit» en France et à l’étranger

« Les sirènes de minuit », 2004 - Livre de poche Les Sirènes de minuit - Édition Le livre de poche, 1987 « Les sirènes de minuit », ré-édition 2004 - Albin Michel

« Les sirènes de minuit », édition allemande « Les sirène de minuit », édition tchécoslovaque « Les sirènes de minuit », édition néerlandaise « Les sirènes de minuit », édition japonaise « Les sirènes de minuit », édition italienne « Les sirènes de minuit », édition hongroise 

Curieusement, ce ne sera pas ce roman qui sera le plus tôt adapté à l’écran, même si Gilles Grangier s’y était intéressé dès 1976. Ce sera «La bavure» en 1984.

  • Denoël – Sueurs froides (1976)
  • Grand prix de littérature policière 1976

Un film TV

1989, port de Brest - Philippe Léotard sur le tournage des Sirène de Minuit  1988 - Avec Philippe Leotard sur le tournage des « Sirènes de minuit »

Réalisation de : Philippe Lefebvre

Scénario de : Claude Barma, Jean-François Coatmeur & Michèle Letellier

Année : 1989

Film TV
Jef Chabert engage Manoel, un chômeur portugais, pour suivre Eric Fontange, son beau-frère, car Fabienne le soupçonne de voir une autre femme. Mais Manoel perd vite Eric de vue. Eric sera retrouvé assassiné quelques heures plus tard.
Première diffusion : 1er octobre 1989
Distribution :

  • Philippe Léotard : Chabert
  • Véronique Genest : Maud
  • Stéphane Jobert : Manda
  • Jacques David : Bodard
  • Liliane Rovère : Fabienne
  • Roger Ibanez : Manuel
  • Jacques Chailleux : Le père Jourdan
  • Dani : Elle même
  • Thierry Ardisson :

Les sirènes de minuit

Ce n’est qu’un roman policier. Mais outre qu’il a la rigueur et le suspense d’un Boileau-Narcejac, il est rehaussé d’une touche d’anticipation qui lui donne encore plus de force. L’action se passe à Brest entre 1980 et 1990. Le Brest de Coatmeur est plus vrai que nature. Mais en France un certain général Chopinet a pris le pouvoir et fait «régner l’ordre» dans les provinces «irrédentes». Cela n’est pas gai. Mais tragiquement plausible.
Yvan Audouard

Le Canard Enchaîné - 10 mars 1976

Les sirènes de minuit

L’histoire se déroule à Brest, en 198… Cette légère anticipation permet à l’auteur d’imaginer que la France s’est donné à un dictateur et que la police politique est toute puissante. Or, Fontanges, l’époux volage d’une directrice d’usine, Fabienne, est assassiné dans des circonstances mystérieuses tandis que, la même nuit, Fabienne est tuée à son tour. Le F.R.A., mouvement d’opposition clandestin, revendique les deux crimes. La police arrête un ouvrier portugais qui va lui servir de bouc-émissaire. Le malheureux Manuel est évidemment innocent. Il avait seulement été chargé par Jef Chabert, le frère de Fabienne, de filer Fontanges. Sur ce canevas se développent deux thèmes : l’un proprement policier (comment Jef découvrira-t-il la vérité ?) l’autre politique (qu’adviendra-t-il de Manuel, l’innocent persécuté ?). L’auteur conduit le premier avec beaucoup d’ingéniosité vers une solution inattendue et intensément dramatique. Il utilise le second pour faire entendre une protestation véhémente contre la violence et le fanatisme. Coatmeur se dégageant des règles et des lois du suspense classique, fait preuve d’une originalité certaine et montre avec force que le genre policier peu avoir un contenu éminemment sérieux.
Boileau-Narcejac

Les Nouvelles Littéraires - 8 avril 1976

Santiago sur Brest - Une affaire sous la dictature du général Chopinet

Le saviez-vous ? Nous sommes en 198. et le général Chopinet a pris le pouvoir. Bien sûr, il s’agit de fiction et la France, dit-on, n’est pas un climat favorable au fascisme. Mais Brest a un climat propice à la pluie, disent ceux qui ne sont pas bretons. L’hiver il y fait froid aussi. Et comme tous les ports, celui-ci sait capter les lueurs des fantômes, les ombres des fuyards, et la tristesse des sirènes de minuit qui percent les brumes.
Donc, un ordre règne à Brest. Cela n’empêche pas, bien sûr, les crimes ordinaires. Par exemple, le double meurtre d’Éric Fontanges, dont on retrouvera le corps près de la voie ferrée, et de fabienne, sa femme, assassinée chez elle. Est-il possible, sous le fascisme, d’élucider une affaire du tout-venant sans que les mystères, les troubles du régime et les fantasmes de ces hommes de mains, ne travestissent la réalité, ne la reconstruisent comme une scène de Grand Guignol ? Un policier consciencieux y perd ses dernières illusions, un amoureux ses derniers espoirs et un émigré portugais y perd la vie.
Jean-François Coatmeur a conçu certes une intrigue policière (1), et c’est elle qui, paradoxalement, donne au récit son aspect fictif. Mais l’arrière-plan politique qui baigne ce récit porte l’auteur au niveau du moraliste et rappelle aux imprudents qu’il faut autant se méfier des milices que des tortionnaires évangélistes…

(1) Il vient d’obtenir le Grand Prix de littérature policière.
Bernard Alliot

Le Monde - 23 juillet 1976

Les sirènes de minuit

Sherlock Holmes et Hercule Poirot jouaient naïvement le jeu de la déduction. Ils croyaient au fair-play intellectuel. Jean-François Coatmeur qui vient de recevoir le Grand Prix de littérature policière pour «Les sirènes de minuit» (Denoël) a introduit la mauvaise foi jusque dans la recherche des indices. Il vient d’inventer l’«enquête truquée».

Le roman est double. Sur un thème classique (qui a tué Éric Fontanges et sa femme, Fabienne ?) se greffe un second thème qui appartient à la «politique-fiction». L’auteur a placé son récit en 198… La France est alors dirigée par un dictateur dont la police politique vise surtout à maintenir l’ordre par tous les moyens. Elle arrête donc, pour jeter un coupable à l’opinion publique, le premier suspect venu, un travailleur portugais.

C’est cela même qui caractérise la «politique-fiction». Il n’est point besoin, comme le font les auteurs américains, de mettre en scène des politiciens conspirant contre le Président, c'est-à-dire, au fond, d’introduire le gigantisme dans le roman policier. Il suffit de placer, devant les yeux du lecteur, un verre déformant qui fait, en quelque sorte, grimacer le réel, et aussitôt le monde ricane.

Le procédé pourrait produire un énorme effet d’humour noir. Coatmeur a préféré réagir par l’indignation : ses sirènes de minuit (les bateaux mouillés à Brest font hurler leurs sirènes, parait-il, pour saluer la nouvelle année) crient à conscience bafouée.
Boileau-Narcejac

Le Nouvel Économiste - 26 juillet 1976

Les sirènes de minuit

Le livre a eu le Grand Prix de Littérature Policière de 1976. Prix mérité. Une histoire solide racontée sans cliché, sans concession à des modes crispantes. Une incursion très très brève dans le domaine de la politique-fiction. Inutile, car les brutalités policières où baigne le drame n’attendent pas les années 198.. pour se manifester.

Le choix des brugnons duveteux dans la balance de la marchande de quatre saisons au moment de l’explosion finale dénote un humour rose noir que je vous laisse découvrir, bien sûr, ainsi que des assassins qui ne sont, comme tant d’autres dans notre société où toute les valeurs se brouillent, que des victimes. Le port de Brest est un décor à mi-chemin de Marcel Carné de Jean Genet.

Chirurgien-Dentiste de France - 17 novembre 1976

Tonnerre de Brest

Double assassinat à Brest, dans une France agitée. Après revendication par un groupuscule révolutionnaire, l’affaire est immédiatement confiée à la police politique. Tandis que la psychose du complot international s’installe, relayée par une flambée de xénophobie, on distingue un coupable idéal… Peu importe s’il a vraiment tué. La vérité ne semble pas bonne à savoir…
Jean-François Coatmeur est un habile conteur. Ce qui semble être un polar noir traditionnel mettant en scène un quatuor détonnant par leurs relations passées ou présentes, devient, au fil du récit, un exercice de politique-fiction. Et l’auteur fait preuve de finesse, car il suppose ce nouveau cadre de référence en arrière-plan des pérégrinations des personnages centraux, laissant ces derniers occuper le devant de la scène au travers d’éléments romanesques traditionnels du genre. Le triangle amoureux, l’envie, la vengeance, le mensonge et, finalement le meurtre. L’interrogatoire du suspect numéro un met alors en lumière le contexte politique dans cette Bretagne « décalée ». Il est question de tentative de séparatisme, de répression implacable et d’unités spéciales de police « dignes » de la Gestapo. Sans que vous ne vous en rendiez-compte, Jean-François Coatmeur vous entraîne de l’autre coté du miroir, dans une réalité autre. La conclusion en devient fondamentalement différente, à mille lieues des enquêtes policières plus ou moins bien bouclées par l’imper de service. Elle n’en est que plus subtile, plus délectable. Comme l’est ce roman… D’autres ne s’y sont pas trompés et lui ont décerné le Grand prix de littérature policière… en 1976. Cependant, s’il s’agit d’une réédition, elle se justifie pleinement : elle n’a pas prix une ride.
G.P./A.Q.

Encre noire - 2ème trimestre 2004

Les sirènes de minuit

La réédition d’un grand prix de littérature policière qui se déroule dans une France fasciste. Un immigré portugais est accusé injustement d’un double meurtre. Un roman de politique-fiction finement ciselé qui rend hommage à la patte de l’un des plus brillants romanciers français de littérature policière.

Le Dauphiné Libéré - 8 mars 2004

Les sirènes de minuit

Émoi à Brest. L’assassinat d’un couple de notables revendiqué par un mouvement révolutionnaire breton met la police sur les dents. Il faut un coupable à tout prix et c’est encore mieux s’il est étranger. Sur fond d’attentat et de haine raciale, Jean-François Coatmeur tisse une toile prenante autour de Chabert, un ancien flic alcoolique et romantique. L’ambiance brumeuse des quais brestois colle à merveille à l’atmosphère glauque du polar. Tout est réuni pour que la mayonnaise prenne : de l’homme politique véreux aux policiers corrompus et sadiques. Un vrai régal qui a d’ailleurs reçu le Grand prix de littérature policière.

Le Berry Républicain - 10 mars 2004

La Bretagne sous le joug totalitaire

Jean-François Coatmeur est un peu à Brest ce que Patrick Raynal est à Nice. De vieux briscards gauchistes, virtuoses du polar noir à souhait, ancré dans la France provinciale et une région à forte personnalité. Faconde méridionale en moins, le Breton est plus austère. Plus engagé aussi. Son dernier roman, Les sirènes de minuit, couronné par le Grand prix de littérature policière est la reprise d’une histoire imaginée en 1976, quand on croyait encore toutes les révolutions possibles. Les pires y compris.
Brest, en décembre, deux ans après le coup de force du général Chopinet – on peut être un grand auteur et ne pas résister à un jeu de mots facile – qui a porté la Rénovation Nationale au pouvoir. Répression, délation, police politique aux aguets… l’ordre règne. La prostitution et la religion ont le vent en poupe. La criminalité connaît une régression spectaculaire. Même le F.L.B. (Front de Libération de la Bretagne) s’est sabordé et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes totalitaire si n’était pas apparu un mystérieux Front Révolutionnaire Armoricain. Et si un couple de notables n’était assassiné dans d’étranges conditions.
Dans une atmosphère oppressante et glauque, les personnages se croisent sous la grisaille d’un crachin constant : l’immigré bouc-émissaire – un portugais au chômage ; les grands bourgeois aux inavouables petits secrets; le commissaire principal que ses hémorroïdes empêchent d’être courageux… Flics ambigus, politiciens trouillards, bigots illuminés et pseudo-terroristes se débattent dans cette politique-fiction qui illustre, dit l’auteur, « la révolte des humbles contre la déraison d’État ».
Peut-être moins puissant que son titre précédent, « Tous nos soleils sont mort », le dernier livre de Coatmeur recèle les mêmes qualités d’écriture sobre et dense, le même sens de l’intrigue qui ne faiblit à aucun instant. Coatmeur reste décidément l’une des grandes références françaises en matière de polar.
Pascale Primi.

Var Matin – Corse Matin - 14 mars 2004

[Mise à jour : 27 mars 2024]