Les actus
Le 26 juillet 1925, il y a exactement 100 ans, naissait Jean Coatmeur, fils de Jean-Marie Coatmeur, commis de brasserie et de Camille Le Guellec sans profession, à Pouldavid, 5 rue Laennec. C’est dans cette maison, encore récente à l’époque (c’est son grand-père maternel, marin-maçon, qui l’a construite en 1898) qu’il passera son enfance et où il aura toujours plaisir a vivre une partie de ses vacances jusqu’au mitan des années 70. C’est, comme il aimait à le dire, à un simple vol de mouette de la maison du père, qu’il trouvera sa dernière demeure au cimetière de Pouldavid le 13 décembre 2017.

Á 5 ans sur la première marche de la maison familiale 5 rue Laennec (désormais rue Jean Moreau) avec sa sœur Marie-Thérèse, et sa cousine Marie-Françoise; au 1er étage droite, ses parents, gauche ses oncle et tante Lezoualch; au rez-de-chaussée gauche, sa grand-mère Le Guellec avec sa tante Augustine (photo Alfred La Guellec)
Entre ces deux date (1925-2017), Jean, surnommé Jeannot à l’école communale, fera ses humanités au petit séminaire de Pont-Croix puis à l’université catholique d’Angers. Professeur de lettres classiques à Concarneau, à Calais, à Brest, à Abidjan (Côtes d’Ivoire) puis à nouveau à Brest. Mais c’est sous le nom de Jean-François Coatmeur qu’il se fera connaitre, à partir des années 60, multipliant les succès et les prix littéraires avec ses romans policiers.
[Temps de lecture : < 1 minute]
Suite de la mise en ligne inédite des pièces radiophoniques écrites par Jean-François Coatmeur. Après « 11 heures du soir », découvrez « Le bon Dieu avec nous », diffusée en 1956.
Jean-François écrit cette pièce pendant l’été 1955 qu’il passe, comme chaque année, en famille dans la demeure de ses parents à Pouldavid, désormais quartier de Douarnenez. Pouldavid, bourgade de marins paisible qui connut pourtant, à l’automne de 1910 un crime qui bouleversa ses habitants, et que les anciens se plaisent toujours à raconter… Le crime de Kerharo ! Un homme d’une cinquantaine d’années sauvagement défiguré à coup de sabots… Drame de la bêtise et de l’alcoolisme…
Pouldavid deviendra Pouldahut, Kerharo Kerankou, la victime sera un jeune homme devant se marier quelques jours plus tard. Le commissaire Morin assisté de l’inspecteur Bellec parviendront à résoudre l’énigme, aidés il vrai d’un auxiliaire inattendu : le bon Dieu !
N’ayant toujours aucune trace de l’enregistrement de la pièce, diffusée sur Radio Bretagne le 24 avril 1956, nous vous offrons le texte intégral et inédit de cette pièce. Ensuite, vous retrouverez un dossier de presse complet du fait divers originel de 1910.
[Temps de lecture : < 1 minute]Dès ses débuts dans l’écriture, Jean-François Coatmeur s’est intéressé à la radio en écrivant des pièces spécialement prévues pour ce média. Pièce le plus souvent policières, même si la première, en 1953, est inspirée de la légende de la ville d’Ys.
Nous publions cette fois un inédit datant de 1971 : Onze heures du soir, adaptation d’une nouvelle du même auteur « Nuit de noces ». Diffusée le 21 septembre 1971 sur les ondes de l’ORTF Radio Rennes.
Malgré des recherches auprès de l’INA et de FR3, nous n’avons, à ce jour, toujours pas trouvé d’enregistrement de cette diffusion. Il faudra donc se contenter d’une lecture du texte.
- Lisez Onze heures du soir.
[Temps de lecture : 2 minutes]
A la faveur d’une petite opération rangement, nous venons de retrouver, enfoui dans une pile de papiers et revues, un recueil de poésie, datant de 1953, édité par les Éditions du Centre, dans la collection « Thèmes éternels » : Noël et neige… Particularité ? Ce recueil contient, pages 14-16 un poème de Jean Coatmeur (ce n’est qu’en 1962, à l’occasion de la sortie de Chantage sur une ombre -février 1963 que Jean-François Coatmeur deviendra son nom d’auteur) : Cloches de Noël.
Écrit vraisemblablement fin d’été – début d’automne 1952, Jean-François l’a rédigé entre son mariage avec Josette et la naissance de sa fille Jehanne.
A découvrir :
Cloches de Noël dans Noël et neige, recueil de poésie, 1953
Cloches de Noël
A l’absente
Les cloches
Alléluia ! Gloire ! Liesse !
La joie embaume cette nuit,
Voici l’heure de la Promesse :
Aux cieux nouveau l’étoile luit.
Le veilleur
Parfums fanés de l’ancienne tendresse,
Que réclamez-vous donc de ce cœur qui se brise ?
L’ombre du temps heureux, obsédant me poursuit.
Mais mon âme qui pleure aux portes de l’église
Pour toujours est fermée aux cloches de minuit,
Parfums comme fanés de l’ancienne tendresse.
Les cloches
Alléluia ! Gloire ! Liesse !
La joie embaume cette nuit,
Voici l’heure de la Promesse :
Aux cieux nouveau l’étoile luit.
Le veilleur
Mon Dieu, qu’ils étaient beaux les Noëls d’autrefois !
On parlais sous le gel, grelottants, triomphants,
Le père avec la mère, et devant les enfants.
Le porche ouvrait des bras frissonnants de lumières.
Et l’orgue murmurait aux voûtes la prière.
Mon Dieu, qu’ils étaient beaux les Noëls d’autrefois !
Les cloches
Alléluia ! Gloire ! Liesse !
La joie embaume cette nuit,
Voici l’heure de la Promesse :
Aux cieux nouveau l’étoile luit.
Le veilleur
Vous caressez depuis si longtemps ma fenêtre,
Ô charmeuses ailées !
Les cendres du Passé pourraient-elles renaître ?
En mon âme esseulée ?…
Hélas !… Allez chanter pour la cité fidèle
Le Noël des Élus,
Allez l’illuminer de la flamme très belle
Qui ne m’éclaire plus.
Les cloches
Nous chantons un Dieu pitoyable,
Nous disons l’Eden retrouvé,
Et que le gisant de l’étable
Ne connaît pas de réprouvé
Messagères de Paix parfaite,
Hérauts de l’éternel Pardon,
L’Amour inspire notre quête
Et l’envol de nos carillons !
Pour que la voix des campaniles
Réveillant le monde charnel,
Unisse les peuples dociles
Dans l’hosanna universel !
Le veilleur
He bien ! cloches, sonnez ! puisque c’est votre fête.
Dans l’ébranlement sourd des bourdons solennels,
Semez les notes d’or, joyeuses sur nos têtes,
Hâtez-vous de lancer vos généreux appels.
Hâtez-vous. Et déjà votre heure va finir :
La mi-nuit es passée, on récite matines.
Est-ce le pas d’adieu, mystiques ballerines ?
Reviendrez-vous jamais, cloches du souvenir ?
Vers les vieux dans l’angoisse, et les bourgeois bouffis,
Vers les méchants, vers les bons, vers ceux des églises,
Les rebelles figés en de pauvres défis,
Les sages en chemin pour des terres promises.
Les fielleux, les blasés, les chantres d’une Foi,
Et ceux-là, désolés et mornes, et qui rêvent,
Doutant que dans leur nuit d’autres soleils se lèvent,
Aux paradis perdis perdus des Noëls d’autrefois
Jusqu’à présent, dans les antécédents familiaux présentés, figurent surtout des rapports souvent étroit avec la religion catholique : petit séminaire, parent curé ou bonne sœur…
Il y en a en effet.
Mais, pour singer un dialogue des Tontons ligueurs, nous pourrions dire : L’anarchie ? Il y en a aussi !
Oncle d’Albert, le trop respectable prêtre, voici Hervé, l’anarchiste violent du début de XX° siècle (que La Dépêche de Brest qualifiait d’Apache membre d’une Bande noire dans son édition du 25 février 1907) devenu vers 30 ans non violent apôtre du retour à la nature. A ce jour, on le verrait peut-être adepte d’une écologie anti-croissance.
Et si l’on terminait cette actu en vous disant que ce perpétuel rebelle à l’autorité de l’État et des hommes a reçu, à sa mort, la mention « Mort pour la France » !
Voir :
Hervé Coatmeur, un anar en rupture

Connaissez-vous bien votre auteur favori, Jean-François Coatmeur : son œuvre, sa vie, comment en est-il arrivé à être, comme l’indiquait Jacques Baudou, le grand spécialiste du roman noir : « notre meilleur auteur de suspense » ?
Pour le vérifier, nous vous invitons à jouer avec nous grâce à un quiz (pour ne pas offenser l’ancien professeur de lettres classique qu’était Jean-François, pitié, un seul Z à quiz !). Tirée de façon aléatoire parmi une cinquantaine de question, 20 questions, classées « Sa vie », « Son œuvre » et « Divers ». Et, à la fin, le verdict et les bonnes réponses souvent augmentées de détails, d’anecdotes…
Il n’y a rien à gagner, c’est juste pour le plaisir.
[Temps de lecture : < 1 minute]Le populaire écrivain breton Jean-François Coatmeur, grand aventurier du roman policier, a bien voulu accorder à Parallèles, avec l’amabilité et la grande pertinence qui le caractérisent, une interview qui révèle un auteur pudique, intimiste et… surprenant. Il nous parle de lui, de ses romans, où certaines de ses histoires pactisent ouvertement avec le surnaturel, où le souffle du fantastique flotte comme une fragrance indicible. Bref, si l’aventure vous tente, laissez-vous porter par le verbe de Jean-François Coatmeur, découvrez un écrivain fabuleux (le mot n’est pas trop fort) dans toute sa simplicité.
Ses débuts avec ses premiers succès, puis cette terrible période du milieu des années 1960 : quatre années de doute qu’il surmontera, renforcé dans sa croyance en sa bonne étoile.. Et puis le succès que ne se démentira plus lui permettant de s’affranchir de son maître Narcejac pour développer la force de son style : Jean-François Coatmeur, écrivain observateur du monde.
Ses auteurs de romans noirs préférés, ses lectures préférées. Et parmi ses romans, celui qu’il affectionne le plus…
[Temps de lecture : < 1 minute]Même après tellement d’années, je me sens aussi peu sûr de moi
J’ai vu une rue qui aurait pu être la rue Saint-Marc, à Brest…
La femme c’était Satan !
« C’est scandaleux ! On devrait trouver un autre moment pour leur faire traverser la plage ou alors une autre plage… »
Je ne recherche pas des sujets à la mode
Comment peut-on juger un livre sur dix lignes ?
C’est la mer qui m’attire, bien sûr
J’ai demandé qu’on enlève mon nom du générique
J’écrirai encore des nouvelles, c’est certain
Lorsque je dis que j’écris des romans noirs, c’est à la fois vrai et faux
En cherchant bien pourtant on trouve presque toujours dans mes livres une petite lueur d’espoir
Ces onze tête de chapitre montre l’étendu des sujets abordés par Jean-François Coatmeur à l’occasion de très long entretien accordé il y 22 ans à Christine Gourmelon et Lionel Paugam.
On y apprend que l’héroïne de Narcose lui est apparue un dimanche matin à l’église de son quartier lors de la messe dominicale, que les débuts de Morte fontaine lui sont venus alors qu’il tournait en rond dans son bureau, que le sujet de la Danse des masques lui a été inspiré par une réflexion d’une amie sur une plage de Douanenez… et bien d’autres choses encore !
[Temps de lecture : < 1 minute]
Dans une interview accordée à Stéphane Guihéneuf pour le quotidien régional Le Télégramme, à l’occasion de la sortie en mai 2012 de L’ouest barbare, Jean-François Coatmeur explique le plaisir qu’il a eu à écrire ce roman et comment il traduit sur le papier ses convictions profondes.











