« Baby foot », 1970 - Denoël, Crime club

Baby-foot

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Hier encore, je n’étais qu’un enfant. En 24 heures « ils » m’ont fait mûrir de plusieurs années : la ville, haineuse, les policiers, harcelants, et ma mère, surtout ma mère qui a sans doute tué son amant.

Personne ne sait ce que j’ai vu. Personne ne le saura jamais. Je préserverai mon secret par n’importe quel moyen, y compris… les plus dangereux.

Écrit fin-1969/début 1970 après deux séjours en vacances à Royan (le second spécialement en juillet 1969 pour fixer certains détails). Premiers lecteurs en mars et avril 1970, ses amis Pierre Boileau et Thomas Narcejac font transmettent à Coatmeur la qualité de son dernier roman, tout en lui faisant observer chacun (Narcejac le 18 mars, Pierre Boileau le 15 avril, que le « truc » du magnétophone a déjà beaucoup servi… Le roman est adressé à Denoël en avril. Le 6 juillet Coatmeur rencontre Philippe Rossignol, PDG des édition Denoël qui lui indique que « Baby-Foot » va être édité en fin d’année. « Vous imaginez, écrit-il à Narcejac le 8 juillet, ma satisfaction, mon soulagement ! Au plaisir d’être récompensé de mes effets, s’ajoute la joie de me sentir un peu maintenant de la famille Denoël.»

En 1977, malgré une intervention auprès de la Société des gens de lettres, Coatmeur ne peut empêcher Joseph Joffo d’utiliser le titre « Baby-foot » pour son troisième roman… Denoël décide alors de rééditer le Baby-foot dans la collection « Sueurs froides ».

« Baby foot » ré-édition 1977 - Denoël - Sueurs froides

« Baby foot » ré-édition 1977 – Denoël – Sueurs froides

  • Denoël – Crime-Club n° 283 (1970)

Baby foot

Coatmeur avec «Baby foot» affirme son talent. «Baby foot» est l’histoire d’un garçon de quinze ans, Jacques, qui découvre un jour que sa mère a un amant, Malvoisier. Or, Malvoisier est assassiné et bien des indices semblent accuser de ce meurtre la mère de Jacques. Celui-ci, obligé de dissimuler ce qu’il sait, harcelé par la police, s’enfonce dans un cauchemar de plus en plus horrible, si bien que le lecteur oublie un peu de se demander qui a tué. En quoi il a raison, car le dénouement, presque trop ingénieux, n’est pas à la hauteur du roman, écrit avec une vigueur et une sincérité qui surprennent, tant le roman policier d’aujourd’hui sent d’habitude le fabriqué. Le cadre – Royan au mois d’août – est beaucoup plus qu’un décor. Il rajoute au décor une note lancinante. «Baby foot» ! Coatmeur ! Un titre et un nom à retenir.

Les Nouvelles Littéraires - 4 février 1971

Baby foot

Coatmeur, qui sait écrire en français et construire une intrigue, est en passe de devenir l’un de nos bons écrivains criminaliers. Pas seulement criminalier: le drame de cet adolescent encore tout neuf, affronté aux histoires de fesses d’une mère qu’il assimilait confusément à la Vierge Marie, prouve que ce jeune auteur vise plus haut que le roman policier de consommation courante.

Roger Semet

Le Canard Enchaîné - 10 février 1971

Auteur

Auteur de romans policier, Grand prix de littérature policière en 1976 pour Les Sirènes de minuit (Édition Denoël)